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Le prix Goncourt 2007 a été attribué lundi à Gilles Leroy pour "Alabama Song" (Mercure de France), tandis que le prix Renaudot du meilleur roman 2007 a été attribué à Daniel Pennac pour "Chagrin d'école" (Gallimard), a annoncé le jury au restaurant Drouant à Paris.
Gilles Leroy, 48 ans, est l'auteur d'une dizaine de romans et écrits divers. Après des débuts dans le journalisme, il quitte Paris dans les années 1990 pour se consacrer pleinement à l'écriture. Gilles Leroy enchaîne indifféremment romans et nouvelles depuis son premier roman "Habibi" publié en 1987.
"Alabama song" est l'une des surprises de la rentrée littéraire. Sorti discrètement en septembre, ce court roman a été en lice pour la plupart des grand prix littéraires de l'automne. Il figurait encore lundi sur les listes du Goncourt, du Renaudot et du Médicis.
Gilles Leroy raconte à la première personne le destin tragique de Zelda Fitzgerald, l'épouse de l'écrivain américain Francis Scott Fitzgerald. D'une écriture élégante, il réussit à ne pas faire une biographie fictive supplémentaire sur ce personnage mythique, mais à peindre au contraire le portrait sensible d'une jeune femme tourmentée, condamnée à vivre dans l'ombre du grand écrivain.
Gilles Leroy, a estimé que ce prix honorait aussi l'héroïne de son roman, Zelda Fitzgerald, épouse méconnue et sacrifiée de l'écrivain américain Francis Scott Fitzgerald.
"Ce prix, c'est aussi pour elle, qui a été sacrifiée, pas reconnue à son juste talent", a déclaré Gilles Leroy aux journalistes, quelques minutes après l'annonce du prix Goncourt. "J'aime les gens qui désirent de façon extrême, c'est celà qui les distingue, cette force désirante, cette volonté de s'émanciper", a poursuivi Gilles Leroy.
Le romancier a assuré qu'il "ne s'attendait pas" à recevoir le Goncourt. "Hier j'étais encore dans mon jardin, en train de planter des arbres", a-t-il indiqué, avant de reconnaître que "c'était peut-être (aussi) pour penser à autre chose".
Daniel Pennac, 62 ans, a été choisi pour le Renaudot alors même que son dernier livre ne figurait pas parmi les cinq ouvrages retenus dans la dernière sélection de ce prix. Le jury Renaudot avait déjà fait de même en 2004 en attribuant son prix à Irène Némirovsky, auteur du roman posthume "Suite française" et décédée en 1942 à Auschwitz.
Son "Chagrin d'école" a recueilli 6 voix, contre 5 à Christophe Donner, qui avait été pour sa part été sélectionné pour "Un roi sans lendemain" (Grasset).
Dans son livre autobiographique, Pennac, ancien professeur de français, raconte la blessure d'avoir été, des années plus tôt, cancre.
"Si l'on guérit de la cancrerie, on ne cicatrise jamais tout à fait des blessures qu'elle nous infligea", écrit-il.
Ce sont les suites difficiles d'une maladie qui perturbent d'abord l'élève Pennacchioni - son vrai nom -, qui bénéficie pourtant d'un milieu familial favorisé avec notamment un père polytechnicien.
Et ce seront finalement trois professeurs et une étudiante en hypokhâgne qui redonneront sa confiance en lui au jeune homme. Il deviendra plus tard l'auteur à succès de la saga centrée autour du personnage de Benjamin Malaussène, entamée avec "Au bonheur des ogres" en 1985.
Daniel Pennac avait déjà été l'auteur d'un essai de réfléxion autour de l'éducation, "Comme un roman", et il a signé de nombreux ouvrages pour la jeunesse ainsi que des livres illustrés.
Pennac a jugé "gratifiant et drôle" de s'être vu attribuer le prix Renaudot 2007 pour "Chagrin d'école", alors qu'il ne figurait pas dans la liste des cinq ouvrages retenus dans la dernière sélection du jury.
"C'est une surprise absolue", a déclaré Daniel Pennac en arrivant sur le tard au restaurant Drouant, où avaient été proclamés plus tôt les prix Goncourt et Renaudot. "Je m'y attendais d'autant moins que je n'étais pas prévu au programme", a-t-il ajouté. "Il a dû se passer quelque chose d'amusant" au sein du jury, a estimé l'écrivain.
"Ce prix, c'est un joli clin d'oeil. Cela prouve que certains professeurs se sont trompés dans mon enfance et qu'ils n'ont pas vu assez loin, mais on ne peut pas leur en vouloir", a-t-il relevé.
Daniel Pennac s'est plu à rappeler qu'il avait joué pendant un an et demi une pièce intitulée "Merci" où il se "moquait copieusement des prix". Le jury "s'est vengé", a-t-il plaisanté.
Patrick Besson, qui présidait le jury du Renaudot cette année, a expliqué qu'il aimait beaucoup le livre "Chagrin d'école" qui est "vif, drôle, amusant et tendre". "J'ai pensé qu'en tant qu'ancien cancre, cela lui ferait très plaisir d'avoir un prix pour une fois, un prix d'excellence", a expliqué M. Besson.
"J'aime les gens qui désirent de façon extrême, c'est celà qui les distingue, cette force désirante, cette volonté de s'émanciper", a poursuivi Gilles Leroy.
Le romancier a assuré qu'il "ne s'attendait pas" à recevoir le Goncourt. "Hier j'étais encore dans mon jardin, en train de planter des arbres", a-t-il indiqué, avant de reconnaître que "c'était peut-être (aussi) pour penser à autre chose".
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